Depuis le printemps 2025, les professionnels de la filière française de l’œuf, réunis au sein du CNPO, dénoncent unanimement la commercialisation d’œufs issus de poules élevées en cage et conditionnés en Ukraine dans les rayons de plusieurs enseignes leaders de la distribution en France.
Cette situation est à la fois dangereuse pour les consommateurs et scandaleuse pour les professionnels de la filière. En effet, ces œufs importés ne respectent pas les normes de production européennes et françaises et peuvent contenir des substances interdites en Europe, entrainant un risque sanitaire important pour le consommateur.
C’est pourquoi le CNPO demande aux pouvoirs publics de renforcer immédiatement les contrôles de conformité sanitaire sur ces œufs mis en rayon afin d’éviter tout risque pour la santé des consommateurs.
De plus, le CNPO demande aux représentants de la grande distribution, qui ont démissionné de l’Interprofession en juillet, une réunion en urgence pour obtenir des explications et remédier à cette situation de concurrence déloyale d’œufs ne respectant ni les mêmes normes sanitaires ni les pratiques de bien-être animales françaises. Leurs actions mettent en danger la dynamique de la filière et de la souveraineté.
Enfin, les professionnels appellent les consommateurs à agir en se référant au logo collectif « Œufs de France » pour s’assurer de consommer des œufs pondus et conditionnés en France par des poules nées et élevées en France.
Plusieurs alertes de risques sanitaires importants pour les consommateurs
Plusieurs alertes sanitaires en août 2025 aux niveaux européen et français ont été signalées concernant des œufs importés d’Ukraine et contenant des résidus d’antibiotiques strictement interdits dans l’Union européenne depuis plus de 15 ans ! Ces importations d’œufs font donc peser des risques sanitaires importants pour le consommateur, alors même que de leur côté les professionnels français appliquent des règles sanitaires parmi les plus exigeantes au monde.
C’est pourquoi le CNPO demande aux pouvoirs publics de renforcer immédiatement les contrôles de conformité sanitaire sur ces œufs mis en rayon pour préserver la santé des Français. De plus, le CNPO demande une équivalence stricte des normes pour en finir avec ces œufs non conformes à la réglementation européenne.
Engagement pour le bien-être animal : stop au double discours des distributeurs
En plus de ces risques sanitaires, les professionnels français dénoncent un double discours de la part de certaines enseignes de la distribution. En effet, alors qu’elles se sont engagées à ne plus commercialiser d’œufs issus de poules élevées en cage et qu’elles ont fixé un ultimatum aux éleveurs français pour une transition très rapide vers des systèmes d’élevage alternatifs, celles-ci commercialisent en France des œufs ukrainiens issus de poules élevées en cage ne respectant pas le standard minimum européen. Il s’agit d’une vraie situation de concurrence déloyale pour les professionnels français.
De plus, ces œufs ukrainiens ne respectent pas non plus l’engagement collectif de ne commercialiser que des œufs de poules issues de l’ovosexage afin d’éviter l’élimination de millions de poussins mâles.
Une mise en danger de la dynamique de la filière et de la souveraineté alimentaire
Alors que l’œuf français est plébiscité par les consommateurs, avec des achats atteignant un niveau record de consommation à 7 milliards d’œufs en 2024 (+ 300 millions vs. 2023), cette situation de concurrence déloyale met en grand danger les éleveurs de nos territoires et leurs investissements. Toute la filière française est pourtant pleinement mobilisée pour répondre à cette hausse continue de la demande et garantir au consommateur un approvisionnement suffisant en œufs français. En effet, le CNPO a lancé, il y a un an, un nouveau plan de filière fixant deux grands objectifs à horizon 2030 : la construction de 300 nouveaux poulaillers et l’ambition d’atteindre 90% des poules pondeuses élevées en systèmes alternatifs à la cage. Des objectifs impossibles à tenir si les enseignes de la grande distribution appliquent des stratégies commerciales déloyales en important et en promotionnant des œufs ukrainiens ne respectant pas les mêmes normes en matière de bien-être animal, de règlementation sociale et environnementale et de rigueur sanitaire.
Le CNPO demande aux représentants de la grande distribution, qui ont démissionné de l’Interprofession en juillet, une réunion en urgence pour obtenir des explications et remédier à cette situation.